Lectures : Le culte de l’urgence

Notre rapport au temps a changé et l’urgence a envahi nos vies. L’ouvrage de Nicole AUBERT nous propose une prise de recul pour comprendre cette accélération et constater ses effets.

Pour l’auteur, « Les rapports de l’Homme et du Temps apparaissent, depuis toujours, complexes, insaisissables et tumultueux.» Après avoir retracé les évolutions du rapport au temps et l’avènement du temps-objet, à maîtriser et à rentabiliser, l’auteur nous présente le rapport contemporain au temps résidant de l’alliance entre la logique du profit immédiat, liée au règne des marchés financiers sur l’économie, et à l’instantanéité des nouveaux moyens de communication. Il en résulte deux nouvelles mesures du temps : urgence et instantanéité, qui affectent profondément notre manière de vivre et de travailler.

Transformés en sujets flexibles, pressés, centrés sur l’immédiateté, nous oscillons entre jouissance et épuisement. Il s’agit de jouir le plus possible de l’instant présent, transformant notre rapport à l’éternité en rapport à l’intensité. Entre les « accro à l’adrénaline » ou les sujets à la dépression (qui aurait pour effet d’arrêter le temps), les pathologies induites par l’urgence sur les individus sont multiples, parfois silencieuses mais touchent de plus en plus de personnes.

A travers ce livre, Nicole AUBERT nous invite à une « reconquête de soi », nous invitant à « réintroduire l’épaisseur du temps de la maturation, de la réflexion et de la méditation là où le heurt de l’immédiat et de l’urgence oblige à réagir trop souvent sous le mode de l’impulsion ».

Le culte de l’urgence – La société malade du temps, Nicole AUBERT – Essai (poche) Flammarion – octobre 2009